samedi 27 mai 2017

LES FEMMES DANS LE MONDE AGRICOLE

Pour Haiti, L'agriculture a été toujours dans la main des femmes, quand l'homme néglige , sa femme l'encourage. et dans certains d'autres pays comme la France par exemple, un quart des exploitations agricoles françaises sont, en 2010, dirigées par des femmes. Celles-ci n’étaient que 8 % en 1970. L’agriculture, traditionnellement considérée comme un métier d’homme, est-elle en train de se féminiser ? Si les chiffres traduisent d’abord une évolution des statuts qui rend le travail féminin, jamais véritablement absent de l’exploitation, aujourd’hui plus « visible », il reste que la part des filles progresse aussi dans l’enseignement agricole, ainsi que dans les installations des moins de 40 ans. Les jeunes exploitantes (chefs d’exploitation et co-exploitantes) ont souvent eu des parcours plus
variés, et ont une approche de l’activité différente de celle des hommes. Elles rencontrent encore des obstacles et difficultés, que ce soit pour se former, s’installer ou dans l’exercice du métier. Mais elles s’organisent et font entendre leur voix.
Une analyse du Centre d’Etudes et de prospective du Ministère de l’Agriculture dont la Mission Agrobiosciences se fait l’écho où l’on pourra mesurer, à la lecture de cette étude, la capacité des femmes à s’adapter à de nouvelles contraintes notamment les jeunes femmes.
Comme le précise l’introduction : L’agriculture a longtemps été
considérée comme un métier
d’homme, car difficile voire
pénible physiquement. Pourtant, les
femmes ont toujours travaillé sur les
exploitations, mais leur participation
n’était pas visible, car non appréhendée
dans les statuts officiels.
Les transformations de la famille et les
modifications en profondeur de l’activité
agricole ont constitué un cadre
favorable à une évolution de la place
des femmes en agriculture. Celle-ci a
également progressé grâce à la mobilisation
d’agricultrices au sein des
représentations syndicales, et notamment
de la JACF (branche féminine de
la jeunesse agricole catholique), créée
dès 1933, et la revendication d’une
autre place que celle d’aide familiale
et de travailleuse invisible.
L’évolution des statuts, avec la création
des EARL en 1985 et la loi d’orientation
agricole de 1999, instituant le statut
de « conjoint collaborateur », ont
permis une reconnaissance professionnelle
du travail des femmes et une amélioration
de leur protection sociale.
Avec le recensement agricole de 2010
(RA 2010), il est possible d’avoir une
« photographie » de la place des femmes
en agriculture et d’en savoir plus
sur elles. L’approche qualitative et les
travaux de sociologie rurale offrent
aussi d’intéressantes pistes d’interprétation
des grandes évolutions. Dans un
premier temps, on s’intéressera à la
part des femmes dans différentes catégories
d’emploi agricole, à leur âge, leur
statut, leur spécialisation, etc. (partie 1).
On peut également observer des spécificités
en termes de choix d’activités
ou de pratiques (partie 2). Une analyse
des freins et obstacles au développement
de l’activité féminine en agriculture
est également nécessaire (partie
3), avant d’esquisser des perspectives
et pistes d’action pour favoriser
l’emploi des femmes en agriculture (partie4).

S’ensuit le portrait des femmes en agriculture en 2010, où l’on analyse ensuite les spécificités du métier d’agricultrice et les difficultés qu’elles rencontrent pour envisager enfin la prospective et les prolongements de l’installation des femmes dans le secteur agricole.
Et les auteurs de conclure : Grâce à leurs efforts de formation, à
leur travail et à leurs prises de responsabilité
dans des productions qu’elles
ont contribué à créer, mais aussi grâce
à des nouveaux outils juridiques
comme l’EARL, la place des femmes en
agriculture a notablement évolué,
même si elles restent peu représentées
dans les organisations professionnelles
et les syndicats. À l’image de ce qui
se passe dans d’autres métiers considérés
comme masculins, la féminisation
de l’agriculture en transforme
également les pratiques et les conditions
de travail. La sociologue Rose-
Marie Lagrave avance même que les
femmes « apparaissent comme les nouveaux
agents de mutation du monde
rural, en reconvertissant une fraction
du secteur agricole en secteur de services
 ». Sabrina Dahache estime
également qu’« elles impulsent une
nouvelle dynamique, créant une rupture
avec les règles dominantes ». À
l’heure où le vieillissement marque les
exploitants agricoles et où le renouvellement
des générations est problématique,
favoriser l’installation des
femmes en agriculture permettrait de
pérenniser les exploitations et, peutêtre,
d’apporter un certain renouveau
dans le secteur.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire